Ma méthode

Je me lève presque en colère ce matin. J’ai repris le travail lundi, après un mois de pause. Reprendre le travail, c’est-à-dire ? J’ai retrouvé mon équipe de coachs, j’ai rencontré un client pour qualifier son besoin, j’ai remis de l’ordre dans mes inventaires de tâches, j’ai échangé, beaucoup échangé avec plein de personnes. Une seule semaine, et encore, j’ai été malade et absente deux jours. Une seule semaine et j’ai déjà oublié qui j’étais et ce pourquoi je faisais les choses.

Cette colère je la tourne vers moi. Le 5 février, en arrivant dans les locaux de mon entreprise, je savais qui j’étais, ce que je voulais faire, ce qui m’attirait : aider des personnes à donner du sens à leur travail, leur vie, leurs relations. Tout était très clair, après un mois de longues réflexions, face à moi-même. C’était clair même si je savais que ça allait évoluer, encore et encore. Se préciser, s’affiner. Et voilà que le 10 février, je suis pleine de doutes. Je me suis crée plein de barrières. Plein d’obstacles. Des excuses finalement pour ne pas faire ce qui m’appelle.

Pendant cette semaine, j’ai beaucoup discuté de mes premières séances d’accompagnement individuel avec ma première cliente. J’ai demandé du feedback sur ma méthode : ma posture, mes réactions, les questions que j’ai posées, la façon de me tenir, de tenir mon cahier, mon stylo. J’ai voulu tout décortiquer au travers du regard des autres. J’ai obtenu plein de feedback. Et ce que j’ai retenu, peut-être à tord c’est : le coaching se fait dans tel cadre, attention avec l’intuition, attention à la prise de notes, attention à qui paye la note, avec telle méthode tu obtiendras ça. Ça vaut sûrement le coup d’avoir une formation sur ça. Tant que tu n’as pas pratiqué tu ne sais pas. Le coaching c’est ça et pas ça.

Voilà, une petite semaine de discussion avec des coachs, des collègues, des amis et me voilà rongée de doutes et surtout une liste longue comme le bras de choses à faire avant de pouvoir faire ce qui m’appelle, m’attire. Nous sommes à la veille de ma deuxième séance avec ma cliente et je suis pleine de peurs. Je n’ai presque plus l’envie. J’ai perdu toute confiance en ma capacité à aider cette personne. Cette personne qui est venue vers moi, qui me fait confiance, qui a envie de cet échange, qui a envie de progresser, de trouver son chemin avec mon aide. J’ai tout perdu. Toute la force, les convictions acquises depuis ces derniers mois.

Mais ce matin, au réveil, je vois tout ça. Je regarde ma semaine passée. Je fais une pause. Et je souris. J’ai failli me perdre encore une fois. Me perdre dans l’avis des autres. J’ai failli m’empêcher d’avancer en me trouvant 1000 excuses : avant d’accompagner des gens il faut me former, lire tel livre, discuter avec telle personne, me trouver un superviseur, avoir telle certification, me poser telles questions, faire attention à ci, à ça.

Je ne regrette pas cette semaine. Tout est parfait. J’ai appris plein de choses. J’ai envie de creuser plein de sujets, de lire plein de livres, de peut-être m’offrir une formation… Peut-être. Mais je décide avant tout de m’écouter moi. De suivre mon intuition, de m’autoriser à faire ce que j’ai envie de faire et avec ma méthode. Ma personnalité. Je décide que tout le reste n’est qu’un amas d’excuses pour ne pas aller vers ce qui m’attire et que je peux mettre en oeuvre tout de suite, là, maintenant.

Je décide de ne m’entourer que de ces rares personnes qui m’aident un peu chaque jour à ne pas me perdre. Ceux qui cherchent à me connaître, qui veulent que j’aille vers ce qui m’attire, qui me font confiance.

Mon rendez-vous avec ma cliente est dans quelques heures. Et je suis heureuse. Heureuse et confiante. J’aurai la bonne intention, la bonne attitude, les bonnes questions pour l’aider à trouver ce qu’elle cherche, par elle-même. Pour l’aider à donner du sens.

NB : conversation entre une personne et un vieux violoniste du sud des Etats-Unis
– « Tu as pris des leçons ? »
– « Très peu, heureusement ! Cela n’a pas eu le temps de pervertir mon style »

About the author

Géraldine Legris

Je suis coach de sens.
Je crois que l'on fait bien les choses quand elles ont du sens : qu'elles répondent à un objectif aligné avec qui l'on est. Que l'on est meilleur à plusieurs. On naît bienveillants. Il y a plein de façons d’apprendre et surtout pas celle que nous avons suivi enfants. Le couple ne fonctionne que lorsque chacun a connaissance de qui il est, entretien sa liberté et se remet en question. Le feedback est essentiel. Et il y a une façon de le faire. Ca s’appelle la communication non violente. Les managers, on a besoin de vous. Et vous n’êtes pas seuls ! Et vous adorerez ce que vous faites quand vous oserez vous remettre en question. Nous ne savons plus jouer pour la plupart. Le jeu est le meilleur outil de dialogue avec nos enfants et entre équipes. La famille c’est un socle. C’est ce qui explique qui nous sommes. Mais ce n’est pas simple. Ce qui motive : un cadre clair, des règles, du feedback. Rien ne marche sans invitation.

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