catwoman-coaching

Sacrée leçon de coaching pour Catwoman

Jeudi dernier j’ai traîné mes guêtres à Agile France. Je devais animer un atelier pour faire connaître et comprendre le modèle de l’holacratie. Facile, je vis dans une équipe organisée en holacratie depuis 2 ans. On ne respecte pas tout du modèle mais au moins les grands principes. Le challenge c’était plutôt de travailler à 3 avec Batman et le Joker. 2 fortes personnalités. Toute l’expérience a été une vraie leçon de coaching.

Le joker, Batman et Catwoman, un trio explosif

La première fois que l’on s’est vus pour bosser, Le Joker est arrivé avec un script de 7 pages, moi une mind map avec quelques idées et Batman… Que dalle. Le Joker ne voulait pas nous influencer mais c’était déjà trop tard. Et tant mieux d’ailleurs. Merde alors, il cache bien son jeux ce Joker. C’est un sacré travaillomane.

Le script de l’évènement

Bon alors… Ce script. L’histoire de l’atelier du point de vue de “Jessica”, RH qui vient se renseigner car elle aimerait tester de nouvelles pratiques dans son équipe. Une idée géniale. Bon sang j’ai du mal à l’admettre mais il est brillant ce Joker.
Raconter l’évènement à travers les yeux d’une participante c’est ludique, riche en détails qui nous serviront plus tard et surtout, cela nous a permis de nous assurer de la cohérence des exercices et des messages passés . Au final on obtiendra tout de même, au bout de 8 versions, un document de 10 pages.

Démarrer par la VISION, bien sûr

Joker est un fana de l’idée de performance et motivation autour de l’idée d’une vision, d’un cadre et de règles claires.
Il nous a donc proposé une vision de l’atelier que l’on a retravaillé avec Batman et qui nous a permis de nous aligner.
Le jour de l’atelier j’ai d’ailleurs inversé les choses et j’ai jugé utile de commencer par expliquer aux citoyens de Gotham la vision de l’atelier avant même de parler Holacratie.
Du coup cette vision ça a donné : D’abord faire apprendre l’holacratie, ensuite jouer. Les gens repartent de l’atelier en sachant “que démarrer lundi”.

La recherche de l’équilibre

Revenons sur la notion de trio explosif. Et à notre première session de travail. Après le script, le Joker ne nous a plus lâché. La semaine, le week end. Avec des questions, suggestions. Avec Batman il nous a vraiment gonflé. Je me suis vraiment demandée si j’allais trouver ma place entre le travaillomane rebelle créatif et nous deux gros empathiques.
J’ai finalement attrapé le virus en me plongeant dans les détails : le costume d’abord. Il fallait que chacun de nous trois puisse incarner pleinement son personnage. Puis je me suis mise à rédiger les fiches rôles. A inventer des tensions. A proposer l’introduction de notions de l’holacratie qui manquaient selon moi.
Bon… au final chacun a trouvé sa place.

role-holacratie

Les faire jouer : blocage

On a pas mal bloqué sur la notion de jeu. Faire apprendre en amusant. Ok, mais est-ce qu’il fallait forcément qu’une équipe gagne ? Est-ce qu’il fallait forcément des dés, un système de points ?
On a cru pendant longtemps que notre squelette ne prendrait jamais vie. Parce qu’il lui manquait un élément liant. Et puis finalement on a laissé tomber. En recréant l’univers de Gotham à travers les costumes, les bruitages, les évènements, les rôles, les tensions… On avait assez d’éléments pour créer l’amusement.

Teaching from the back of the room

Je n’avais pas de fouet mais bon sang, les gens m’écoutaient. Parce qu’au milieu de toute cette mise en scène, les citoyens de Gotham avaient un sacré nombre de choses à mémoriser : la notion de cercle englobant, de redevabilités, de tensions, de 1er lien, 2nd lien…

4 rounds pour vivre 4 réunions de triage et gouvernance. Au début, chacun d’entre nous jouait le facilitateur. Puis après un vote sans candidat, les cercles sont devenus complètement autonomes et nous n’avions plus qu’à les regarder travailler à résoudre leurs tensions.

holacratie-autonomie

On avait peur que l’imagination leur manque mais pas du tout ! Les citoyens ont bien adopté le thème : “le mal contre le moindre mal” et ont rivalisé d’idées tordues comme importer des lions pour protéger les saltimbanques de Gotham…

A chaque fin de round on clarifiait les concepts appris et surtout, ce qui se passe dans la vraie vie : “en réalité c’est en réunion de gouvernance que l’on traite des problèmes sur l’organisation et que l’on crée des nouveaux rôles”. “Les actions/Projets sont suivis d’une réunion à une autre”. “Les 1ers liens sont nommés par le cercle englobant”, etc…

J’ai pris un sacré plaisir à animer cet atelier mais ce que je retiens de l’expérience, c’est surtout ma collaboration avec ces deux roublards : le Joker et Batman. On entend dire que les coachs ont des egos sur dimensionnés et sont les premiers à avoir du mal à travailler en équipe. La réussite de cet atelier est bien la preuve du contraire.
Allez, miaou !

About the author

Géraldine Legris

Je suis coach de sens.
Je crois que l'on fait bien les choses quand elles ont du sens : qu'elles répondent à un objectif aligné avec qui l'on est. Que l'on est meilleur à plusieurs. On naît bienveillants. Il y a plein de façons d’apprendre et surtout pas celle que nous avons suivi enfants. Le couple ne fonctionne que lorsque chacun a connaissance de qui il est, entretien sa liberté et se remet en question. Le feedback est essentiel. Et il y a une façon de le faire. Ca s’appelle la communication non violente. Les managers, on a besoin de vous. Et vous n’êtes pas seuls ! Et vous adorerez ce que vous faites quand vous oserez vous remettre en question. Nous ne savons plus jouer pour la plupart. Le jeu est le meilleur outil de dialogue avec nos enfants et entre équipes. La famille c’est un socle. C’est ce qui explique qui nous sommes. Mais ce n’est pas simple. Ce qui motive : un cadre clair, des règles, du feedback. Rien ne marche sans invitation.

View all posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *