Soirée Open Space Agile

Tour de table

Lundi soir j’ai participé à une soirée “Open Space Agile” proposée sur Meetup. Je n’ai pas regretté. Des rencontres riches, des réponses à mes questions, des sujets à explorer. Voici comment je l’ai vécu et ce que j’en ai retenu.

Le format de la soirée : un forum ouvert

Pour ceux qui n’ont jamais pratiqué de forum ouvert, il s’agit d’un événement où, outre le thème général, aucun programme ou ordre du jour n’est établit. Chaque participant est libre de proposer son propre espace/thème ou de rejoindre celui d’un ou plusieurs autres en fonction de son intérêt pour les sujets évoqués. Pour aller plus loin, il y a la définition de wikipedia qui est assez claire (Je viens de faire petit un don à la Fondation au passage).
Dans notre cas, la thématique abordée : l’Agilité. Nous étions 9 personnes sur 50 inscrits au départ. Mais personne ne s’est démotivé et nous avons démarré à l’heure. Yannick a rappelé les règles puis a crée la market place sur une double fenêtre des locaux de CLT, notre hôte. Nous avions 3 plages horaires et 2 espaces de brainstorming par plage + 1 espace de grignotage avec des produits rapportés par chacun.

1er brainstorming : le framemork SAFe

Ce sujet a visiblement passionné les 5 personnes les plus expérimentées de notre groupe. Personnellement j’étais complètement larguée. Je n’ai pas pu appliquer la loi des deux pieds car il n’y avait pas d’autre sujet proposé sur cette plage horaire et l’espace de grignotage avait été entièrement rapatrié sur notre table. J’ai donc décidé de rester et de manger !

D’après les 4 coachs agiles présents, ce sujet est LE sujet du moment. J’en avais entendu parler mais je n’ai jamais pris la peine de creuser. Ce brainstorming a eu le mérite de m’intéresser à la thématique.
J’ai eu quelques clefs de lecture grâce à l’échange dynamique des participants :

– Ce modèle peut servir à transformer massivement une DSI en une organisation Agile. Le support a beaucoup de succès auprès du management des entreprises.
– C’est un outil qui a le mérite de proposer une alternative aux rôles présents dans les organisations non agiles, notamment le middle management .
– C’est un bon outil marketing qui propose de façon schématisée les clefs d’une organisation agile au niveau d’une direction et pas seulement d’un projet. Mais ça peut aussi être utilisé comme une boîte à outils pour une démarche progressive.

2ème brainstorming : le piratage d’un projet Agile

Avec ce sujet nous avons fait un bon en matière de maturité des organisations. Hélène nous a raconté son expérience de “sauveuse” dans une équipe délocalisée qui tentait de développer un site de crowdfunding. L’agilité s’est imposée après avoir remplacé toute l’équipe par des développeurs indépendants et auto-organisés.

Hélène nous a expliqué qu’elle a pu être véritablement actrice du changement le jour où elle a parlé “code” avec les développeurs. Cela nous a mené à discuter de l’implication du Scrum Master dans l’équipe. Selon Yannick et Christophe, il doit avoir un vrai pied dans l’équipe. Jouer un rôle soit technique soit fonctionnel (faire de la recette, co-rédiger la documentation, etc…) pour véritablement participer à la construction du produit et trouver une légitimité auprès des développeurs. Cela m’a vraiment interpellée sur le coup. Ce n’est pas du tout une pratique partagée sur le plateau sur lequel je travaille. Les Scrum Masters sont sur de nombreux projets à la fois. Il est difficile d’envisager un tel niveau d’implication lorsque l’on gère 3 projets en simultanés. Et on insiste beaucoup sur l’aspect “neutralité”. Je n’avais jamais vu ça comme un comportement qui pouvait créer une distance avec l’équipe.

Nous avons également dérivé sur la difficulté d’intervenir en tant que Product Owner (PO) lorsque l’on est consultant indépendant. Ce rôle nécessite une très grande maîtrise du métier qui porte la conception du produit. Plusieurs d’entre nous étaient d’accord sur le fait que les PO externes agissent plutôt comme des business analysts. Et c’est sûrement dans ce sens qu’ils devraient se positionner pour au moins parvenir à mettre un pied dans l’entreprise, puis devenir PO par la suite.

3ème brainstorming : un sprint doit-il forcément avoir un objectif ?

J’avais proposé le sujet “un sprint doit-il forcément avoir un objectif ?” A première vue, je n’ai pas séduit grand monde avec mon sujet “bateau”. Mais finalement cela a donné naissance à une conversation tout aussi riche que les autres.

Cette question, je me l’étais posée le jour-même. Lors d’un sprint planning, le PO du projet sur lequel j’interviens en tant que Scrum Master, n’a pas su répondre à la question : “peux-tu nous dire quel est l’objectif du sprint que nous démarrons ? “ Il s’est empressé de nous lister 5,6 fonctionnalités. Et très vite de rentrer dans le détail de chacune d’elle. Résultat : l’équipe, un peu molle, a posé quelques questions et en fin de séance s’est engagée sur un périmètre comme on cocherait les items d’une liste de courses.
Selon Christophe et Arnaud, cette pratique est dommageable. C’est important qu’un Product Owner arrive en sprint planning avec un ou deux objectifs clairs pour l’itération à venir. Notamment pour les raisons suivantes :

– Un objectif donne du sens à une itération. Cela donne envie à l’équipe de participer à cet objectif.
– Il faut l’utiliser comme un outil. En se fixant un objectif, le Product Owner va éventuellement revoir la valeur qu’il donne aux stories.
Un objectif permet une véritable co-construction du produit. C’est mieux que de déverser sur les développeurs une liste de fonctionnalités à produire sans que cela n’ait un sens.

Je suis bien contente d’avoir osé proposer ce sujet car au final c’est celui qui m’a le plus apporté. Et j’ai déjà pu tenter une expérimentation auprès des Product Owners que je côtoie.

Un Open Space original en raison du faible nombre de participants, de l’abondance de cacahuètes et du format très décontracté mais un succès pour moi.
J’avais vécu mon premier Open Space quelques semaines plus tôt dans une démarche OAA pour améliorer la performance et le bien être du plateau sur lequel je travaille. J’ai beaucoup apprécié utiliser ce format dans le but simple d’enrichir le groupe et soi-même.
J’ai une profonde admiration pour Christophe qui a beaucoup apporté à cette soirée (notamment de la brioche faite maison !). C’est un des coachs les plus humbles que je connaisse, toujours prêt à éclairer des jeunes padawans comme moi. Il est patient et a toujours une anecdote à raconter pour illustrer son propos. Je vous encourage à participer à ce genre d’événements, ne serait-ce que pour rencontrer ce type de personnes.

About the author

Géraldine Legris

Je suis coach de sens.
Je crois que l'on fait bien les choses quand elles ont du sens : qu'elles répondent à un objectif aligné avec qui l'on est. Que l'on est meilleur à plusieurs. On naît bienveillants. Il y a plein de façons d’apprendre et surtout pas celle que nous avons suivi enfants. Le couple ne fonctionne que lorsque chacun a connaissance de qui il est, entretien sa liberté et se remet en question. Le feedback est essentiel. Et il y a une façon de le faire. Ca s’appelle la communication non violente. Les managers, on a besoin de vous. Et vous n’êtes pas seuls ! Et vous adorerez ce que vous faites quand vous oserez vous remettre en question. Nous ne savons plus jouer pour la plupart. Le jeu est le meilleur outil de dialogue avec nos enfants et entre équipes. La famille c’est un socle. C’est ce qui explique qui nous sommes. Mais ce n’est pas simple. Ce qui motive : un cadre clair, des règles, du feedback. Rien ne marche sans invitation.

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