événement surnaturel

La magie de l’holacratie (2/3)

J’ai parlé, dans un précédent article, de l’holacratie telle que je la vis et la comprends dans mon équipe. De la chronologie des événements telle que je m’en souviens. Et puis des termes tels que je les comprends.
Maintenant j’ai envie de vous parler des moments de magie que j’ai vécus depuis le début de notre expérimentation.
Quand j’utilise le mot “magie” c’est pour désigner le moment inattendu d’optimisme, d’éclairage, le soulagement qui, d’un coup, se produit alors que depuis des jours, des semaines, des mois, l’organisation, l’équipe, l’individu vivait une gêne, voire une souffrance.
J’insiste bien sur le terme “magie”, quelque chose destiné “à intervenir de façon surnaturelle sur le cours des événements ou le comportement d’autrui. » (Définition wikipedia)

Instant de magie n°1 : voir à nouveau des gens sourire

Une équipe travaille sur un produit depuis plusieurs mois. Plusieurs stories sont bloquées par des problématiques d’architecture. On a peu de visibilité sur l’avancement de ces sujets. Vendredi, j’organise une réunion de travail avec les personnes concernées. Les visages sont fermés. les participants sont agacés de cet énième rendez-vous.

Je propose de faciliter le point et d’adopter le format des réunions holacratiques que j’allège un tout petit peu pour commencer en douceur : check-in, métriques, tensions, check-out. Les présents jouent le jeu mais sans masquer leur agacement.

Finalement Alain se lance et exprime la tension «débordement». Il explique avec la voie cassée qu’il est débordé, qu’il ne sait plus comment s’organiser pour respecter les deadlines. Il sait d’avance qu’il sera en retard sur tous les sujets. Cette tension a l’air de surprendre tout le monde. Après un tour de questions, de réactions, on commence à identifier les potentielles sources du problème. Il n’y a pas d’action décidée au niveau de cette réunion. Mais la tension a été écoutée et est enregistrée.
Plusieurs jours après cette réunion, un des participants m’explique qu’Alain a totalement changé son attitude. Il est positif et a avancé sur pas mal de sujets. Il a même le sourire, lui qui semblait subir le projet depuis un moment.

Mon analyse : quand on donne à une personne l’opportunité d’exprimer une tension, elle se libère d’un poids, sa problématique est connue, on va lui proposer de la résoudre avec des actions à court ou moyen terme. Résultat : elle sourit de nouveau.

Instant de magie n°2 : voir des sujets avancer

Nous travaillons en scrum depuis plusieurs années. La qualité est au coeur des préoccupations de l’équipe. Mais de nombreuses questions se posent au fil des mois, selon les spécificités des produits crées, avec la taille croissante de l’équipe : quel niveau de qualité viser ? Quels outils utiliser ? Comment former les équipes au TDD ? Les sujets s’empilent. Les risques augmentent. Beaucoup d’actions reposent sur la même personne qui est débordée. D’autres personnes sont identifiées pour l’aider mais il manque de la coordination entre elles.
Alors dans un cercle, un jour, quelqu’un suggère de créer un cercle qualité et de nommer cette personne débordée comme 1er lien du cercle.
Plusieurs mois après (oui parfois la magie n’est pas immédiate non plus…), le cercle est crée. Il a une mission, des redevabilités, des domaines. Des projets sont suivis de semaine en semaine. Le cercle a crée un rôle “référent qualité” comme relais auprès des autres cercles.
On perçoit mieux l’ensemble des sujets de qualité. Les sujets avancent. On sait à qui demander quoi.

Mon analyse : Le cercle et ses règles de fonctionnement permettent de voir très rapidement où sont les problèmes et d’avancer pour les résoudre.

Instant de magie n°3 : voir des gens volontaires

Dans ma vie d’avant, quand une personne expliquait qu’il fallait un responsable pour un nouveau sujet, projet, tâche, tout le monde regardait par terre. La technique de survie c’était de dire que de toutes façons on était débordés.
A plusieurs reprises, dans des réunions de cercle, lorsque l’on crée un nouveau rôle, j’ai vu des gens se précipiter pour prendre ce rôle.

Mon analyse : Les gens sont volontaires parce qu’ils participent à la description du rôle, parce que le rôle a été crée car il y avait une tension exprimée par quelqu’un. Et non parce qu’un manager a dit un jour “tiens, il me faut quelqu’un pour le poste de responsable newsletter”. Parce que l’on sait que l’on ne portera pas ce rôle éternellement, parce que sa description est claire et connue de tous.

Ce n’est pas de la magie pour vous ?

Crédit photo : Super 8

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Géraldine Legris

Je suis coach de sens.
Je crois que l'on fait bien les choses quand elles ont du sens : qu'elles répondent à un objectif aligné avec qui l'on est. Que l'on est meilleur à plusieurs. On naît bienveillants. Il y a plein de façons d’apprendre et surtout pas celle que nous avons suivi enfants. Le couple ne fonctionne que lorsque chacun a connaissance de qui il est, entretien sa liberté et se remet en question. Le feedback est essentiel. Et il y a une façon de le faire. Ca s’appelle la communication non violente. Les managers, on a besoin de vous. Et vous n’êtes pas seuls ! Et vous adorerez ce que vous faites quand vous oserez vous remettre en question. Nous ne savons plus jouer pour la plupart. Le jeu est le meilleur outil de dialogue avec nos enfants et entre équipes. La famille c’est un socle. C’est ce qui explique qui nous sommes. Mais ce n’est pas simple. Ce qui motive : un cadre clair, des règles, du feedback. Rien ne marche sans invitation.

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